#Documents, témoignages
Immersion dans le quotidien d'un éboueur québécois! une belle leçon d'humilité!

Simon PARE-POUPART
Ordures! journal d'un vidangeur
Beurk ! serait-on tenté de dire… mais pas du tout ! Je me suis régalée à la lecture de ce court journal d’un éboueur québécois, Simon Paré-Poupart, qui fait ce métier depuis plus de 20 ans et avec passion ! Calice ! Comment est-ce possible ? « Si tu m’annonces que je meurs demain, je fais un dernier voyage en arrière d’un truck, sans trop y réfléchir. Je retourne là où je dois être. » Voilà le genre d’affirmation qu’on peut lire dans cet ouvrage tout à fait intéressant, fort étonnant et qui a le mérite de nous faire réfléchir au rôle fondamental qu’exercent les vidangeurs au Québec et les éboueurs en France, mais aussi, et surtout, à notre relation aux déchets, à notre rôle dans cette société du gaspillage, du tout jetable, à ces tonnes d’immondices que vomissent nos sociétés dingues de consommation et que soustraient à notre vue ces travailleurs des déchets pour qui nous n’avons que très peu de considération, voire uniquement du mépris… car nos ordures ne disparaissent pas par magie. « Laissons ces illusions aux enfants et rentrons dans le vrai monde. Beau et sale, comme le sont les vidangeurs. »
C’est l’occasion de réfléchir à notre mode de consommation. « Les chiffres donnent le vertige. La production annuelle de déchets solides a dépassé les 2 milliards de tonnes dans le monde et devrait atteindre les 3.4 milliards en 2050. On trouve des ordures jusque dans l’espace. Près de 10 000 tonnes orbitent autour de la Terre. Devrais-je envoyer mon CV à la NASA ? »
Ordures! journal d'un vidangeur est le premier livre de Simon Paré-Poupart. Il fait figure d'exception dans ce milieu qui ne requiert aucun diplôme mais une très bonne condition physique (25km quotidien à courir derrière le truck, des vidanges qui contiennent parfois des résidus de construction qui pèsent très lourd, de nombreux obstacles à éviter... une vraie séance de cross-fit, en quelque sorte!), lui qui a fait des études de sociologie et qui a assuré le rôle d'intervenant social. Son regard est aiguisé mais il ne donne pas de leçon. Il témoigne, objectivement, depuis son rôle de vidangeur, de glaneur, de ferrailleur philosophe. Il nous explique son choix d'être freegane: c'est un mode de vie, "c'est vivre des rejets de la société de consommation. C'est une posture philosophque, éthique, économique et politique? La seule qui me paraît conséquente après vingt ans à remplir des dépotoirs d'ordures."
A méditer…
Merci Simon et bravo pour ce livre qui a remporté le Prix des Libraires du Québec et s'est vendu à 60 000 exemplaires!!!
[Laure]