#Bande Dessinée
Une sublime chevauchée !

Pierre-Henry Gomont
Montefiore
Andrea et Angelo passent l'été dans le haras familial italien, y découvrent un oncle qu'ils ne connaissaient pas, les chevaux, les rivalités, les secrets d'un monde dont leur père avait voulu les tenir éloignés. Dans la continuité de sa précédente BD, Malaterre, Pierre-Henry Gomont revient à la famille et à l'enfance, mais change de perspective : il n'étudie plus son rapport au père, mais observe, avec joie et inquiétude, deux jeunes frères grandir, expérimenter, tracer leur chemin, apprendre à faire "tribu" plus que "famille".
Et cette-enfance là, Gomont la dessine dans ce qu'elle a de vive et d'indocile, de timide ou d'exubérante. Sa capacité à saisir le mouvement est foudroyante : corps qui courent, tombent, s'étreignent sont comme ces chevaux qui ruent, s'emballent, se cabrent dans la violence d'une course, le Palio, dont le chaos devient ici une formidable matière graphique. La narration est tout aussi impressionnante : dialogues, récitatifs et analepses s'articulent avec une liberté remarquable. Gomont sait quand faire parler le texte, quand laisser le dessin prendre le relais, quand une case silencieuse suffit. C'est absolument somptueux, de cette virtuosité qui marque durablement !
Cette attention aux âges de l'enfance se prolonge avec le très bon Pensionnaires, publié en août dans "Intermezzo", la nouvelle collection de Dargaud consacrée aux récits courts. L'auteur y convoquent ses souvenirs de pensionnat pour saisir avec une énergie nerveuse l'intensité de l'adolescence.
Impressionnant !
[Florian]