#Polar, Policier & thriller
Un thriller austral écolo impossible à lâcher!

Anaïs Pélier
Mastodonte
D'abord, il y a une couverture. Comme toujours, les éditions Paulsen sortent du lot sur les tables des libraires avec leur couverture aux photos soignées dans laquelle la nature est toujours l'élément central.
Puis, il y a une plume. Une très belle plume. Pour moi, une découverte car je n'avais pas lu le premier roman d'Anaïs Pélier, Caravane, inspiré de l'expérience de l'autrice qui a fait plusieurs longs séjours dans les terres australes et antarctiques françaises (TAAF).
Dans ce nouveau roman, Mastodonte, Anaïs Pélier déploie son talent pour immerger le lecteur dans un décor impressionnant, à la fois grandiose et terrifiant où le vent n'autorise qu'une végétation rase, serrée et une faune adaptée à ces conditions climatiques extrêmes. Bienvenue sur l'île de la Possession dans l'archipel du Crozet (île représentée au 1/50 000eme dans l’ouvrage, accompagnée d’un plan de la station Alfred Faure, très utile pour visualiser les lieux décrits dans ce huis-clos glaçant).Vent, humidité et froid. Mieux vaut avoir du gras, de la fourrure et des ailes puissantes. On y croise des éléphants de mer, des orques, des otaries, des manchots, des pétrels, des prions... toute une faune qui pose un regard tour à tour intrigué, consterné et dégoûté sur nous les humains.
Car il y a malheureusement des hommes sur l'île. Et pas tous bien intentionnés, loin s'en faut.
Le roman se situe en 2030. La France endettée a vendu une partie des TAAF à un multimilliardaire qui en a fait un paradis pour les amoureux de la chasse aux trophées rares. Quatre milliardaires débarquent ainsi suréquipés, armés jusqu'aux dents, et entendent bien en avoir pour leur argent. Ils ont pour guide Nathan Hoareau, naturaliste de formation, spécialiste des terres australes et agent de la réserve naturelle qui s'est assis sur ses principes pour gagner sa pitance et mène, en serrant les dents quand même, ces ultrariches que n'émeut pas le massacre de ces espèces en voie d'extinction.
Ce safari austral ne va évidemment pas se dérouler comme prévu. Ils ne sont pas seuls sur l'île et ne sont pas vraiment les bienvenus...
Le suspense est savamment ménagé par une alternance de points de vue dont celui de B-421, un éléphant de mer "né dans l'odeur du sang et du sable mouillé" qui s'interroge sur la violence de l'Autre, l'humain.
C'est excessivement bien écrit, très rythmé et l'histoire sert de plaidoyer pour la défense de la biodiversité, pour la préservation des espèces menacées mais également de réquisitoire contre la cupidité des hommes, leur désir maladif de possession, de soumission du vivant. Tout le long du roman, on contient une irrépressible envie de vomir sur ces ultrariches qui ne pensent qu'à leur fric, à leur réputation, leur soi-disant "honneur"...
Une découverte très enthousiasmante, à partager!!!!
[Laure]