#Roman
Un roman délicieusement grinçant, où l’humour noir dialogue avec les fantômes du passé dans une construction narrative aussi audacieuse qu’irrésistible.

Evie Wyld
Les Echos
Et si on commençait par la fin ? Max ne croyait pas à la vie après la mort… jusqu’à ce qu’il meure. Le voilà fantôme malgré lui, coincé dans l’appartement londonien qu’il partageait avec Hannah, condamné à observer celle qu’il aime dans sa vie d'Après.
Mais Les Échos n’est pas qu’une histoire de revenant. C’est un roman de fantômes au sens large. Les fantômes du passé. Les secrets tus. Les violences enfouies. Les échos qui traversent les générations et se répètent sans qu’on sache trop comment les arrêter.
La construction est brillante : des chapitres “Avant”, “Après”, “Alors”, d’autres au nom des personnages… Une architecture subtile et captivante qui dévoile, pièce après pièce, un mystère intime et familial. Peu à peu, derrière le deuil amoureux, surgissent les fragments d’enfance d'Hannah, une Australie rurale et aride marquée par l’ombre d’une ancienne école de “redressement” pour jeune filles aborigènes.
Et le roman prend une ampleur vertigineuse : il est question d’héritage, d’identité, de mémoire, et de cette violence qui s’infiltre et se transmet.
Ce qui frappe c'est l'intelligence et la finesse avec laquelle Evie Wyld mêle l’humour — noir, grinçant — à une profonde mélancolie. On rit, on est ému, on est happé. C’est malin, c’est addictif, surprenant et très incarné.
Un sublime roman d’amour et de deuil, qui ausculte ce qui nous rattache aux autres et ce qui continue de nous habiter, dans le présent comme à travers les générations.
Laissez-vous hanter !
[Annette]