Nos coups de c½ur

#Roman

Un vrai bon petit polar "Barbès style" réjouissant et très divertissant!

killing me softly

Jacky SCHWARTZMANN

killing me softly

Ed. La Manufacture de livres - janvier 2026
Prix : 15.90 ¤
9782385532185

ENFIN un bon petit polar français réjouissant, fort bien écrit, très rythmé avec des répliques de dialogues pas piquées des hannetons! J'ai bien ri! Et pas qu'un peu! J'ai tout aimé: le format (nouvelle collection "La Manuf'" de l'excellente maison La Manufacture de livres), la couverture qui promet des personnages hauts en couleurs et tout ridés, de l'aquagym, des surprises, une certaine hébétude qu'on devine dans le regard de ce petit vieux, un titre prometteur qui, collé à l'image, nous permet de deviner qu'il y sera question de mort ET de douceur, s'il vous plaît. Un peu de tendresse dans un monde de brutes, ça fait pas de mal!

Alors on suit avec entrain M. le Madjid, Madjid Müller (quelle curieuse association de prénom et de patronyme, tiens, tiens!), tueur à gages de son métier. Un vrai pro. Une dizaine de morts pas an. Propre, vite fait, bien fait. Mais le contrat qui vient de lui tomber dessus ne lui dit rien qui vaille. Ca part mal. Le client veut la peau d'un vieux schnock coincé dans un EHPAD de Besançon: il l'accuse de pédophilie et a été sa victime quand il était enfant. Il veut assister à sa mort à tous prix. Et Madjid n'aime pas ça. Normalement, le client paye pour que le tueur opère, point barre. Et quand Madjid va rencontrer Robert à la villa Médicis, ancien Hôtel des Bains, et maintenant Résidence Grand Luxe senior (un EHPAD de luxe, donc) , il prend la mesure de la sénilité du bonhomme et trouve que cette vengeance n'a aucun sens. Rien ne va se passer comme prévu, bien entendu...

On se prend évidemment tout de suite d'amitié pour ce tueur à gages qui a un vrai sens de l'honneur, des principes qui permettent à sa vie privée de ne jamais télescoper sa vie professionnelle, une histoire familiale pas simple, une ado pas commode qui se passionne pour l'argot ancien, les parties d'échecs avec son daron, les insultes bien lourdasses à l'encontre des filles de son âge qui la regardent d'un peu trop haut.... faut gérer, quoi! Alors quand déboule Robert Cuenot dont la fortune pèse environ un milliard d'euros, les souvenirs, pas grand-chose à part ceux de ses parties de jambes en l'air, c'est pas simple!

C'est drôle, fort bien écrit, très cinématographique. Les dialogues sont savoureux (certaines formules drôlissimes comme la stupidité d'un "sandwich à la soupe" ou le sourire énigmatique du proctologue qui vous dit que ça bien se passer, que vous n'allez rien sentir....), les rebondissements nombreux et surprenants, bref, tous les ingrédients d'un vrai bon roman noir et social dans la lignée d'un Jean-Bernand Pouy de la grande époque. 

Une régalade!!!

[Laure]