Nos coups de c½ur

#Roman

Dès les premières pages, ce roman vous attrape par les sens et ne vous lâche plus.

Ici, les miracles ont un goût de ciel

Adeline Fleury

Ici, les miracles ont un goût de ciel

Ed. Charleston - janvier 2026
Prix : 19.00 ¤
9782385294830

Après Le ciel en sa fureur, que toute l’équipe de La Petite Librairie avait adoré, j’ai été très heureuse de retrouver la poésie charnelle et la puissance évocatrice de l’écriture d’Adeline Fleury. Sa plume est profondément sensorielle : elle ne décrit pas seulement, elle fait ressentir, vibrer, frissonner. Plus qu’une ambiance, elle crée une véritable immersion.

Cette fois, l’autrice nous entraîne dans une grande ville du sud de l’Italie — jamais nommée, mais immédiatement reconnaissable —, fascinante et inquiétante, brûlante de soleil l’été, noyée de brumes l’hiver. Une ville de contrastes, de croyances populaires, de ferveur religieuse, de superstitions et de légendes, où le réel et le merveilleux se frôlent sans cesse. Une ville vivante, presque incarnée, qui devient un personnage à part entière.

Le roman avance par fragments, à travers une galerie de personnages dont les trajectoires s’entrelacent. Chaque chapitre donne envie de poursuivre pour retrouver ces figures fortes, libres, troublantes, lumineuses ou inquiétantes. Des femmes flamboyantes, solaires et indomptables, comme sorties d’un plan de Fellini, où se croisent des marginaux, une gamine effrontée, des enfants des rues à la Visconti, un dandy mystérieux... ça grouille, ça fourmille, ça étourdit et ça réenchante, dans une atmosphère qui évoque la grande époque de Cinecittà.

Toujours à la lisière du fantastique mais profondément ancré dans le réel de la ville, le roman explore les zones floues : entre miracles et malédictions, foi et obscurantisme, faste et misère. Rien n’est manichéen ici, car le bien et le mal se côtoient, se nourrissent, se confondent parfois.

Un roman vibrant, sensuel et profondément incarné, où l’amour, la sororité, les rêves et le spectacle deviennent des forces de résistance face aux obscurantismes — et on referme le livre avec l’impression d’avoir voyagé, aimé et tremblé !

[Annette]