#Roman
Roman d'une grande justesse, subtilement cruel, qui se lit le sourire en coin !

Hal Ebbott - Laure Manceau (Traduction)
Entre amis
Amos et Emerson sont amis depuis trente ans, depuis l’université. Une amitié qui semble indéfectible et que tout le monde leur envie. Leurs épouses sont elles aussi amies, leurs filles ont grandi ensemble… Entre New York et leur maison de campagne, ils donnent l’image d’une vie parfaite.
Le roman s’ouvre sur le départ de la famille d’Amos pour un week-end chez Emerson, à l’occasion de son cinquante-deuxième anniversaire. Mais au fil de ces quelques jours, le vernis commence à se craqueler. Derrière les apparences surgissent les jalousies, les vieilles rancunes, la compétition, les petites bassesses et les non-dits. Jusqu’à un acte d’une extrême violence qui fait imploser ce petit monde en apparence si parfait.
L’écriture de Hal Ebbott est sèche, sobre, d’une grande précision, avec une pointe d’humour savamment dosée. Rien de trop, tout est juste.
Mais c’est surtout la psychologie des personnages qui impressionne. L’auteur les observe au plus près, presque au scalpel, jusque dans leurs contradictions les plus intimes, sans jamais les épargner. Il met à nu leurs désirs, leurs fragilités, leur besoin de reconnaissance, leur capacité à se mentir et à s’arranger avec la réalité.
À travers l’amitié, le couple, la famille et les rapports de classe, Hal Ebbott interroge ce qui constitue réellement les liens qui nous unissent. De quoi sont faites nos amitiés ? Que reste-t-il de l’amour lorsque s’en mêlent le désir de réussite, la comparaison et le besoin d’être aimé ? Et le mariage est-il parfois autre chose qu’une forme de transaction ?
Un premier roman tendu, qui se lit d’une traite .
Parce qu’il montre l’humain dans ce qu’il peut avoir de plus petit, de plus égoïste, parfois même de plus bas, mais aussi dans son besoin d’aimer et d’être aimé. Et c’est sans doute ce mélange de grandeur et de faiblesse qui rend ces personnages si profondément humains — même s’ils nous font parfois honte.
Un miroir pas très flatteur, mais tellement juste !