#Polar, policier, thriller format poche
Un polar atypique, jubilatoire et mordant, qui boucle en roue libre une trilogie aussi barrée qu’inoubliable.

Sébastien Gendron
Chiens
Après Chevreuil et Python, Chiens vient clôturer la trilogie noire intitulée Le Grand Livre des animaux.
Et ce troisième volet démarre à toute berzingue… sans jamais vraiment ralentir ensuite !
On retrouve notre narratrice immanente, Kim Bayer, fine observatrice de cette incroyable galerie de cons. Des cons d’anthologie qui, malgré leur supposé « grand potentiel », possèdent surtout un talent rare pour tout faire foirer.
Rien n’échappe au regard acéré de Kim : les décors, les détails vestimentaires, les particularités physiques, l’architecture… Tout est tellement précis qu’on a littéralement le film qui défile sous les yeux.
Avec ses nombreux hommages et références aux films noirs des années 70, le roman évoque parfois un vieux roman-photo délicieusement ringard. Et ça fonctionne à merveille !
On adore aussi les scènes de craquage total : les personnages qui partent en vrille, qui veulent tout faire exploser. Les scènes de baston, de chaos, notamment celles d’ouverture des deuxième et troisième livre, où les animaux sauvages d’un zoo ultramoderne dévorent les visiteurs… Ces passages dégagent une jubilation communicative. On sent le plaisir immense qu’a dû prendre Sébastien Gendron à les écrire. C’est aussi ça, le vrai pouvoir de la fiction : tout ici est « d’après une histoire fausse ».
Certes, les portraits et les tableaux humains prennent parfois le dessus sur l’intrigue elle-même, et le lecteur peut par moments avoir la sensation de se perdre dans le récit. Mais s’il fallait un jour écrire une étude sociologique de la connerie humaine, cette trilogie pourrait bien faire office de bible.
Car le con n’est jamais forcément celui qu’on croit… et nous avons tous un con qui sommeille en nous.
On a désormais hâte d’échanger avec Sébastien Gendron le mercredi 3 juin prochain lors d’un Apér’Auteur qui promet de ne pas être triste !
[Annette]